20.11.2011

La gauche relance la machine à perdre

Le parti socialiste veut à tout prix éviter de refaire les erreurs qui ont entraîné sa défaite à l'élection présidentielle de 2007. C'est pourtant bien davantage le spectre de 2002 qui se profile.

Par "spectre de 2002", je ne parle pas de la personne de Jean-Pierre Chevènement, qui a officialisé sa candidature samedi 5 novembre - annonce sans grande surprise, du reste, puisque cela faisait 6 mois que l'ancien ministre disait à qui voulait l'entendre qu'il serait candidat. Le seul soutien de marque reçu par Chevènement est celui de Brice Hortefeux, ce qui en dit long sur le fait qu'il s'agit exclusivement d'une candidature de nuisance, qui privera sans doute François Hollande de 4 ou 5% des voix au premier tour.

Deuxième signe qui rappelle 2002 : la tentative des hiérarques du PS ainsi que des partis de la "gauche plurielle" de négocier dès à présent un partage des places et des prébendes.

Ségolène Royal avait déjà fait preuve d'une extrême maladresse en annonçant que François Hollande et Martine Aubry lui avait promis la présidence de l'Assemblée nationale. La nouvelle du parachutage de Cécile Duflot à Paris, au terme d'une semaine consternante de tractations entre le PS et Europe Ecologie en a donné un nouvel exemple. Maigre consolation pour le PS : c'est surtout l'image d'Europe Ecologie qui a pâti de l'affaire, montrant à chacun que les convictions écologistes se bradaient opportunément pour une poignée de circonscriptions gagnables.

Enfin, dernier signe perceptible : les partis de gauche sont en train de faire campagne contre le PS. C'est ainsi que Mélenchon a tiré à boulets rouges sur Hollande la semaine passée, le qualifiant notamment dans un entretien au JDD de "capitaine de pédalo" incapable de faire face à la "tempête" actuelle... Un argument que n'aurait pas renié l'UMP et qui a dû faire plaisir du côté de la rue de la Boétie.

08.04.2011

Copé pris au piège de la laïcité

L'UMP a dévoilé ce mardi ses 26 propositions pour mieux vivre ensemble qui doivent conclure l'épisode du débat sur la laïcité. De façon révélatrice, les propositions ont été publiées sur le site de l'UMP avant même la tenue du débat, façon de signaler la volonté de terminer cette séquence politique particulièrement difficile.

Il se trouve peu de commentateurs pour défendre leur contenu, mais au moins ces propoitions témoignent-elles d'une volonté d'apaisement. Dans un climat enflammé par les déclarations récentes du ministre de l'intérieur, on se réjouit au moins de n'y voir aucune proposition radicale à l'encontre des populations musulmanes. J'y vois la patte de Jean-François Copé, qui semble avoir eu à coeur d'éviter la poursuite du dérapage à droite des dernières semaines.

Dans cette affaire, Copé a été singulièrement desservi par Claude Guéant. En multipliant les déclarations d'une violence surprenante sur "les Français qui ne se sentent plus chez eux" et les problèmes posés par "l'accroissement du nombre de musulmans", le ministre de l'Intérieur a accentué la rupture avec l'aile centriste de l'UMP, créant les conditions idéales pour permettre à Jean-Louis Borloo de prendre ses distances. Il a en outre clairement pointé du doigt la population musulmane en instaurant une distinction "vrais Français" / "Français musulmans" qui appartenait d'ordinaire au vocable frontiste. La prochaine présidentielle montrera si se choix paye... ou se paye. 

14.11.2010

Remaniement et impasse politique

Les rumeurs sur la composition du gouvernement se succèdent et, plutôt que de spéculer sur le poste qui pourra échoir à untel ou unetelle, il me paraît important de

Premièrement, les rumeurs sur le remaniement signent plusieurs constats d'échec :

Le premier échec est celui de l'ouverture : avec les départs annoncés de Bernard Kouchner, de Fadela Amara et de Jean-Marie Bockel, il ne reste guère qu'Eric Besson pour représenter cet axe phare de la composition du premier gouvernement Fillon. Il est vrai que l'apport de ces ministres d'ouverture est nul, qu'ils ont été très mal acceptés par la majorité et que la maladresse de leurs déclarations n'a guère aidé.

Le second échec est celui du renouvellement. Prévu depuis la déroute des régionales, ce remaniement était destiné à apporter un peu de sang neuf, il se solde en réalité par un jeu de chaises musicales et de recasage. Il est ainsi évident que la reconduction de François Fillon au poste de premier ministre est un choix par défaut et que l'UMP ne dispose pas actuellement de cadres de remplacement pour créer les conditions d'un véritable changement. Les 8 mois qui se sont écoulées entre l'échec des régionales et le remaniement trahissent à l'évidence le manque d'options et de solutions de rechange pour le Président de la République.

Enfin il est difficile de ne pas se moquer, certes a posteriori, des conjectures qui ont pu être faites. Penser que Nicolas Sarkozy nommerait François Baroin, Brice Hortefeux, Bruno Le Maire ou Jean-François Copé à Matignon trahit une méconnaissance profonde des équilibres politiques et de la façon de penser de Nicolas Sarkozy.

Mais surtout, ce mini-remaniement traduit une réalité qui n'est pas propre au quinquennat, mais qui est assurément renforcé par la simultanéité des élections législatives et présidentielles. Il est devenu quasi-impossible de relancer l'action et la crédibilité de l'exécutif par la seule force d'un remaniement. Si le Président limoge un premier ministre à la moitié de son mandat, il lui est difficile de réfuter qu'il s'agit d'un constat d'échec. S'il le reconduit, il est pareillement difficile de faire croire qu'il s'agit d'un véritable changement de cap. Cela est d'autant plus vrai dans la partique "sarkoziste" des institutions où le Président décide de tout tandis que le Premier ministre est réduit au rôle de porte-parole de l'action présidentielle.

A ce sujet, excellent éditorial du Monde : "Remaniement : l'exercice capricieux du pouvoir"

 

 

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Mots-clé : actualité, politique, UMP, PS, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Jean-François Copé, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal, blog