10/12/2011

RST Conseil et "la gueule de l'emploi": quelles limites à la contestation sur le net ?

On se souvient de la polémique récente qui était née après la diffusion sur France 2 du documentaire intitulé "La Gueule de l'Emploi". Le reportage y dépeignait les méthodes de recrutement de GAN Prévoyance, assisté par cabinet de recrutement, RST Conseil. Certains spectateurs se sont indignés de ces méthodes et très vite, les réactions des internautes ont soulevé la polémique sur ces cabinets de recrutement.

Les réactions ont toutefois débordé. Un internaute a monté un site pour divulguer en libre accès les données personnelles des dirigeants de RST Conseil sur le Net, suite au reportage, ce qui pour le moins s’apparente à une invitation au lynchage public. Si le site a été fermé, il n'en reste pas moins que ce type de réaction est plus que contreproductif et n'est pas légitime. Le débat public ne peut se permettre d'utiliser ce genre de méthodes pour faire valoir son point de vue, si fondé soit-il.

On découvrira par la suite la réponse de Rogers Teunkam, de RST Conseil, qui dénonce un traitement "biaisé". Au final, certains auront dénoncé ces méthodes, d’autres auront répondu que le reportage était trop réducteur. La polémique semble close aujourd’hui, mais il faut être conscient des dérapages que la contestation virale peut prendre, comme la publication de données personnelles. Les critiques doivent évidemment se formuler et les réseaux sociaux s’y prêtent très bien, à la condition expresse que le dialogue public se fasse de manière ouverte et respectueuse.

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20/11/2011

La gauche relance la machine à perdre

Le parti socialiste veut à tout prix éviter de refaire les erreurs qui ont entraîné sa défaite à l'élection présidentielle de 2007. C'est pourtant bien davantage le spectre de 2002 qui se profile.

Par "spectre de 2002", je ne parle pas de la personne de Jean-Pierre Chevènement, qui a officialisé sa candidature samedi 5 novembre - annonce sans grande surprise, du reste, puisque cela faisait 6 mois que l'ancien ministre disait à qui voulait l'entendre qu'il serait candidat. Le seul soutien de marque reçu par Chevènement est celui de Brice Hortefeux, ce qui en dit long sur le fait qu'il s'agit exclusivement d'une candidature de nuisance, qui privera sans doute François Hollande de 4 ou 5% des voix au premier tour.

Deuxième signe qui rappelle 2002 : la tentative des hiérarques du PS ainsi que des partis de la "gauche plurielle" de négocier dès à présent un partage des places et des prébendes.

Ségolène Royal avait déjà fait preuve d'une extrême maladresse en annonçant que François Hollande et Martine Aubry lui avait promis la présidence de l'Assemblée nationale. La nouvelle du parachutage de Cécile Duflot à Paris, au terme d'une semaine consternante de tractations entre le PS et Europe Ecologie en a donné un nouvel exemple. Maigre consolation pour le PS : c'est surtout l'image d'Europe Ecologie qui a pâti de l'affaire, montrant à chacun que les convictions écologistes se bradaient opportunément pour une poignée de circonscriptions gagnables.

Enfin, dernier signe perceptible : les partis de gauche sont en train de faire campagne contre le PS. C'est ainsi que Mélenchon a tiré à boulets rouges sur Hollande la semaine passée, le qualifiant notamment dans un entretien au JDD de "capitaine de pédalo" incapable de faire face à la "tempête" actuelle... Un argument que n'aurait pas renié l'UMP et qui a dû faire plaisir du côté de la rue de la Boétie.

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08/04/2011

Copé pris au piège de la laïcité

L'UMP a dévoilé ce mardi ses 26 propositions pour mieux vivre ensemble qui doivent conclure l'épisode du débat sur la laïcité. De façon révélatrice, les propositions ont été publiées sur le site de l'UMP avant même la tenue du débat, façon de signaler la volonté de terminer cette séquence politique particulièrement difficile.

Il se trouve peu de commentateurs pour défendre leur contenu, mais au moins ces propoitions témoignent-elles d'une volonté d'apaisement. Dans un climat enflammé par les déclarations récentes du ministre de l'intérieur, on se réjouit au moins de n'y voir aucune proposition radicale à l'encontre des populations musulmanes. J'y vois la patte de Jean-François Copé, qui semble avoir eu à coeur d'éviter la poursuite du dérapage à droite des dernières semaines.

Dans cette affaire, Copé a été singulièrement desservi par Claude Guéant. En multipliant les déclarations d'une violence surprenante sur "les Français qui ne se sentent plus chez eux" et les problèmes posés par "l'accroissement du nombre de musulmans", le ministre de l'Intérieur a accentué la rupture avec l'aile centriste de l'UMP, créant les conditions idéales pour permettre à Jean-Louis Borloo de prendre ses distances. Il a en outre clairement pointé du doigt la population musulmane en instaurant une distinction "vrais Français" / "Français musulmans" qui appartenait d'ordinaire au vocable frontiste. La prochaine présidentielle montrera si se choix paye... ou se paye. 

 

De lege ferenda est un blog traitant de l'actualité politique et économique.
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