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        <title>De Lege Ferenda - fait_religieux</title>
        <description>Réflexions, critiques et analyses diverses juridiques ou non</description>
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        <lastBuildDate>Sun, 21 Oct 2007 13:51:30 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Des limites à la liberté d'expression</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Criton)</author>
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                                <category>Droit</category>
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                                                <pubDate>Fri, 23 Mar 2007 17:00:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;La décision rendue (le texte - presque intégral - se trouve chez &lt;a href=&quot;http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2007/03/22/580-le-jugement-de-l-affaire-charlie-hebdo&quot;&gt;Maître Eolas&lt;/a&gt;) dans l'affaire des caricatures rajoute une pierre à l'édifice permettant de définir la limite entre la liberté d'expression et son abus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ensemble de l'actualité à ce sujet depuis &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2006/10/08/peut-on-abuser-de-la-liberte-d%E2%80%99expression.html&quot;&gt;l'affaire Redecker&lt;/a&gt;, en passant par &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2007/02/16/injures-et-fait-religieux.html&quot;&gt;l'affaire Dieudonné&lt;/a&gt;, pour finir par &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2007/02/02/le-proces-des-caricatures.html&quot;&gt;l'affaire Charlie Hebdo&lt;/a&gt; semble indiquer une tendance assez mesurée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tribunal reconnaît même le caractère outrageant de l'image de Mahomet avec un turban en forme de bombe, mais estime, pour faire simple, que cela ne relève pas du droit pénal car dans le contexte l'objectif n'était pas de blesser les Musulmans. Au vu des attendus, il est possible de se demander si la décision sur ce point précis n'aurait pas été dans l'autre sens si Charlie Hebdo avait été le premier à publier ce dessin. Ce qui &quot;sauve&quot; Charlie Hebdo sur ce point, c'est au fond les réactions complètement démesurées des intégristes visés, et le fait que la publication est intervenue dans un contexte d'importants débats sur les limites entre liberté d'expression et fait religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De manière assez intéressante, cette analyse montre de nombreux points communs avec d'autres domaines de confrontation de la liberté d'expression notamment avec &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2006/10/11/la-loi-et-l-histoire.html&quot;&gt;l'histoire&lt;/a&gt; ou de manière plus large en matière de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2006/12/05/quelle-laicite.html&quot;&gt;laïcité&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objectif est toujours le même : ne limiter la liberté d'expression que lorsque cela est strictement nécessaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que la publication de la tribune de M. Redecker, de ces caricatures, que des propos intégristes (qu'ils soient religieux ou laïques), que le déni de tout génocide, soient inutiles voir idiots est une chose qu'il appartient à chacun et à la société dans son ensemble de définir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le droit, particulièrement pénal, ne peut / devrait intervenir qu'en ultime recours lorsque l'unité sociale est mise en danger. Avant cela, il revient à la société dans son ensemble la responsabilité de se défendre elle-même et de manière intelligente contre toutes les formes d'ignorance et de manque de respect.&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2007/02/20/complement-a-injures-et-fait-religieux.html</guid>
                <title>Complément à &quot;Injures et fait religieux&quot;</title>
                <link>http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2007/02/20/complement-a-injures-et-fait-religieux.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Criton)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 20 Feb 2007 18:30:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Suites aux commentaires, et notamment celui de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2007/02/16/injures-et-fait-religieux.html#c2019695&quot;&gt;Rubin Sfadj&lt;/a&gt;, la curiosité piquée a poussé à rechercher &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnDocument?base=CASS&amp;amp;nod=CXRXAX2005X03X06X00090X000&quot;&gt;l'arrêt de la Chambre criminelle du 15 mars 2005&lt;/a&gt; (espérons que le lien Legifrance fonctionne : sinon c'est le pourvoi &lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;04-84463).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Il est intéressant de noter qu'un certain nombre de moyens sont rejettés car suffisamment justifiés en fait par la Cour d'appel, la Cour de cassation ne s'intéressant qu'au droit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Voici les extraits intéressants liés au précédent commentaire et à l'expression de l'intéressé qualifiant les Juifs de secte et d'escroquerie :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&quot;Attendu que &lt;strong&gt;tout&lt;/strong&gt; jugement ou &lt;strong&gt;arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision&lt;/strong&gt; ; que l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attendu que, pour renvoyer le prévenu des fins de la poursuite du chef d'injure raciale, &lt;strong&gt;l'arrêt attaqué énonce qu'en dépit de l'emploi des termes &quot;secte et escroquerie&quot;, le contexte&lt;/strong&gt; de l'entretien en cause &lt;strong&gt;laisse apparaître&lt;/strong&gt; qu'en critiquant d'autres religions en des propos également vifs, &lt;strong&gt;le prévenu a seulement manifesté son hostilité au principe même du fait religieux &lt;em&gt;et qu'ainsi, les invectives proférées ne s'adressent pas à la communauté juive en tant que telle&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais attendu qu'&lt;strong&gt;en prononçant ainsi, alors que les propos litigieux mettaient spécialement en cause la communauté juive&lt;/strong&gt;, présentée comme &quot;une des plus graves escroqueries&quot; parce que &quot;la première de toutes&quot;, &lt;strong&gt;les juges n'ont pas tiré les conséquences légales de leurs propres constatations&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;La Cour de cassation, chambre criminelle, estimait donc à l'époque qu'une telle déclaration ciblant spécifiquement une communauté religieuse ne pouvait pas être &quot;excusée&quot; par le contexte largement détaillé par la Cour d'appel (voir ci-dessous).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette position pourrait laisser la place à une interprétation estimant que si l'intéressé avait en vrac traité plusieurs religions d'escroquerie (ce qui était le sens du propos général), la conclusion de la Cour d'appel n'aurait pas été entâchée de contradiction de motifs, et donc non critiquée...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs, le moyen était formulé dans un sens demandant à la Cour de cassation d'exclure cette hypothèse, ce qu'elle n'a pas fait à l'époque se limitant à la contradiction de motifs.&lt;/p&gt; Sur ce point, le second pourvoi et la position prise par l'Assemblée plénière ferme (heureusement) la porte à une telle approche. Pour rappel : &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;l&lt;strong&gt;'affirmation&lt;/strong&gt; [...] &lt;strong&gt;ne relève pas de la libre critique du fait religieux&lt;/strong&gt;, participant d'un débat d'intérêt général mais &lt;strong&gt;constitue une injure&lt;/strong&gt; visant un groupe de personnes en raison de son origine, &lt;strong&gt;dont la répression est une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans une société démocratique&lt;/strong&gt;&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Sur ce point, la Cour de cassation exclut tout élément de contexte dans l'appréciation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est intéressant de noter que la Cour d'appel avait visiblement très peur d'un pourvoi et avait fait preuve de beaucoup de précision dans ses descriptions du contexte qui l'amenait à relativiser le propos en cause.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les citations qui suivent sont les moyens invoqués par les requérants, mais permettent de lire les arguments avancés par la Cour d'appel.&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&quot;aux motifs que, &lt;strong&gt;si les termes incriminés, secte et escroquerie rapportées aux juifs, pris en eux-mêmes sont forts et choquants, il convient&lt;/strong&gt;, comme l'a fait le tribunal, &lt;strong&gt;de les replacer dans le contexte&lt;/strong&gt; de l'article qui fait apparaître à quel point Dieudonné X... X... &lt;strong&gt;rejette l'idée de communautarisme et promeut l'universalité de l'être humain&lt;/strong&gt; ; qu'en critiquant d'autres religions dans des termes également vifs, notamment la religion catholique (écouter les bêtises de Y...), la religion musulmane et en rejetant dans le même esprit la notion de juifs et de musulmans en disant que &quot;juifs et musulmans, pour moi, ça n'existe pas&quot;, &lt;strong&gt;il ne fait que caractériser son hostilité au principe même du fait religieux&lt;/strong&gt; ;&lt;br /&gt; que ces invectives ne s'adressent donc pas à la communauté juive en tant que telle ;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&quot;alors, d'une part, que les juges du fond qui tout en constatant que les &lt;strong&gt;propos publics te&lt;/strong&gt;nus par Dieudonné &lt;strong&gt;lors d'une campagne électorale pour l'élection présidentielle&lt;/strong&gt; &quot;Pour moi, les juifs, c'est une secte, une escroquerie. C'est une des plus graves parce que c'est la première&quot; étaient forts et choquants et relevaient de l'invective et du mépris, n'ont pourtant pas sanctionné l'atteinte injurieuse que ces propos faisaient subir, en raison de leur appartenance religieuse, à une groupe de personnes précisément désignés, à savoir la communauté juive de France, a méconnu les conséquences légales de ses propres constatations, au regard des articles 29 et 33 de la loi 29 juillet 1881 ;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;alors, d'autre part, qu'en jugeant que &lt;strong&gt;ces propos injurieux auraient pu être excusés par le fait qu'ils visaient également d'autres religions&lt;/strong&gt;, alors que les &quot;juifs&quot; étaient précisément et nommément stigmatisés comme responsables de la première et la plus grave &quot;escroquerie&quot; religieuse, qui aurait été cause des autres, ce qui manifestait une conviction ouvertement antisémite, la cour d'appel n'a pas justifié légalement sa décision, au regard des articles 29 et 33 de la loi 29 juillet 1881 ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;et alors, enfin, qu'en jugeant que &lt;strong&gt;la &quot;confusion de pensée&quot; et la &quot;maladresse&quot; de l'auteur des propos antisémites et racistes auraient pu excuser ceux-ci&lt;/strong&gt;, alors qu'ils avaient été délibérément et publiquement proférés dans le cadre d'une candidature à l'élection présidentielle, ce qui affirmait, même de la part d'un humoriste, la volonté de leur auteur de les insérer dans un débat public national, la cour d'appel n'a pas justifié légalement sa décision, au regard des articles 29 et 33 de la loi 29 juillet 1881&quot;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;
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                <title>Injures et fait religieux</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Criton)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 19 Feb 2007 16:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lefigaro.fr/france/20070216.WWW000000469_dieudonne.html&quot;&gt;Le Figaro&lt;/a&gt; rapportait la cassation de la décision d'appel du 9 février 2006 qui avait estimé que&amp;nbsp;le fait pour Dieudonné de déclarer : «&lt;em&gt;Les Juifs, c'est une secte, une escroquerie, c'est une des plus graves parce que c'est la première&lt;/em&gt;» n'était pas constitutif d'une injure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Assemblée plénière de la Cour de cassation prend &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_publications_documentation_2/actualite_jurisprudence_21/chambres_mixtes_assemblee_pleniere_22/arrets_travaux_preparatoires_23/assemblee_pleniere_24/br_arret_9911.html&quot;&gt;une position&lt;/a&gt;&amp;nbsp;très tranchée :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;l&lt;strong&gt;'affirmation&lt;/strong&gt; [...] &lt;strong&gt;ne relève pas de la libre critique du fait religieux&lt;/strong&gt;, participant d'un débat d'intérêt général mais &lt;strong&gt;constitue une injure&lt;/strong&gt; visant un groupe de personnes en raison de son origine, &lt;strong&gt;dont la répression est une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans une société démocratique&lt;/strong&gt;&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;La Cour d'appel avait retenu :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;replacés dans leur contexte, les termes &quot;les juifs, c'est une secte, c'est une escroquerie&quot; relèvent d'un débat théorique sur l'influence des religions et ne constituent pas une attaque dirigée contre la communauté juive en tant que communauté humaine&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;La déclaration complète de M. Dieudonné était la suivante :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le racisme a été inventé par Abraham. &quot;Le peuple élu&quot;, c'est le début du racisme. Les musulmans aujourd'hui renvoient la réponse du berger à la bergère. Juifs et musulmans pour moi, ça n'existe pas. Donc antisémite n'existe pas, parce que juif n'existe pas. Ce sont deux notions aussi stupides l'une que l'autre. Personne n'est juif ou alors tout le monde. Je ne comprends rien à cette histoire. Pour moi, les juifs, c'est une secte, une escroquerie. C'est une des plus graves parce que c'est la première. Certains musulmans prennent la même voie en ranimant des concepts comme &quot;la guerre sainte...&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;La position de la Cour de cassation est étonnament tranchée. L'évocation de la &quot;libre critique du fait religieux&quot; comme une composante de la liberté d'expression est aussi intéressante, et justifiée, néanmoins la Cour de cassation trace rapidement une ligne à ne pas franchir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique est possible dès lors qu'elle s'inscrit dans un débat d'intérêt général, donc dès lors que le corps social est en mesure d'assurer soi-même la défense contre ce genre de propos malsains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face à l'injure, le débat ne sert à rien, et elle&amp;nbsp;doit donc être réprimée pour garantir la liberté d'expression. Il s'agit d'un abus de la liberté d'expression, et une société qui tolère un abus de liberté court à sa perte et met en danger l'unité, la cohésion,&amp;nbsp;du corps social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette décision est intéressante dans le contexte du débat autour du &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2007/02/02/le-proces-des-caricatures.html&quot;&gt;procès des caricatures&lt;/a&gt;. La ligne de démarquation entre ce qui est possible et ne l'est pas se précise...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'occasion aussi de rappeler un billet déjà un peu ancien relatif à &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2006/10/08/peut-on-abuser-de-la-liberte-d%E2%80%99expression.html&quot;&gt;l'abus de la liberté d'expression&lt;/a&gt;&amp;nbsp;dans le cadre de l'affaire Redecker.&lt;/p&gt;
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                <title>La laïcité : base de la cohésion sociale ?</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (Criton)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 20 Dec 2006 20:01:07 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;La laïcité est un concept qui, comme tout concept juridique lié à la vie en société, se doit d'évoluer, et cette évolution fait débat notamment chez &lt;a href=&quot;http://www.authueil.org/?2006/12/01/209-ne-pas-se-tromper-de-laicite&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Auteuil&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://somni.blog.lemonde.fr/2006/12/04/le-juge-gardien-du-temple-laic/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Somni&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://krysztoff.typepad.com/1984/2006/12/vla_qua_rcommen.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Krysztoff&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;Depuis 1905, l'appréciation de la laïcité dans la société a évolué. Pensée comme une loi de séparation entre l'Etat et l'église catholique, afin d'établir un Etat séculaire, elle a été utilisée pendant longtemps comme un laïcisme de combat niant le fait religieux.&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;Aujourd'hui, le vent tourne en faveur d'une conception &quot;moderne&quot; reprise dans le rapport Stasi de 2003 qui formulait des recommandations politiques et dans le récent rapport Machelon, son pendant juridique.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;Ainsi, dans le &lt;a href=&quot;http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/034000725/0000.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Rapport Stasi&lt;/a&gt;, il est écrit : &quot;Derrière le même mot, existent pourtant des différences d’approche qui en voilent la signification et la portée. [...] La laïcité, pierre angulaire du pacte républicain, repose sur trois valeurs indissociables : liberté de conscience, égalité en droit des options spirituelles et religieuses, neutralité du pouvoir politique.&quot;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt;De même, dans le Rapport Machelon : &quot;De ce principe, diverses d́éfinitions sont données aujourd’hui. [...] Le Conseil d’Etat, dans son Rapport public pour 2004 souligne que la laïcité doit « à tout le moins se décliner en trois principes : ceux de neutralité de l’Etat, de liberté religieuse et de respect du pluralisme » [...] En regard de la rigoureuse police des cultes qui caractérisait le régime concordataire, et une fois dépassés les aspects les plus violents de l’anticléricalisme militant, la loi du 9 décembre 1905 apparaît en effet d’abord comme un texte favorable à la liberté religieuse.&quot;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; Dans la blogosphère aussi les avis vont dans ce sens. Pour &lt;a href=&quot;http://www.authueil.org/?2006/12/01/209-ne-pas-se-tromper-de-laicite&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Samuel&lt;/a&gt;, &quot;A l'origine, la laïcité, c'est la neutralité de l'espace public. Aucune opinion, aucun courant de pensée ne doit prendre le contrôle de cet espace public et en fixer les règles. [...] Il faut donc évoluer et ne plus associer les mots laïcité et religion. [...] Pour autant, la Laîcité reste un principe primordial d'organisation de notre démocratie, et il faut continuer à la préserver.&quot; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt; &lt;p&gt;Relevant deux jugements très restrictifs et sévères dans l'application de la loi de 1905, &lt;a href=&quot;http://somni.blog.lemonde.fr/2006/12/04/le-juge-gardien-du-temple-laic/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Somni&lt;/a&gt;, pour sa part, conclut : &quot;&lt;i&gt;Tout cela n’est pas faux, mais cette sévérité est-elle pour autant justifiée aujourd’hui ? En réalité, j’en doute. Mais il est clair que le juge, en maintenant strictement sa jurisprudence renvoie le législateur à ses responsabilités. Si la France souhaite notamment faire une place à la religion musulmane, elle devra passer par un aménagement de la loi de 1905. En aura-t-elle un jour le courage ?&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;moz-text-html&quot; xml:lang=&quot;x-unicode&quot; lang=&quot;x-unicode&quot;&gt; &lt;p&gt;Visiblement un peu moins d'accord avec les évolutions, &lt;a href=&quot;http://krysztoff.typepad.com/1984/2006/12/vla_qua_rcommen.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Krysztoff&lt;/a&gt; est plus critique, bien que rapportant un cas qui est effectivement une violation flagrante du principe de laïcité.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fond, la laïcité est là pour permettre à chacun de vivre sa croyance ou sa non-croyance en Dieu. L'Etat n'a aucun rôle à jouer là-dedans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Liberté, Egalité, Fraternité. Sur un plan philosophique, chacun de ces principes devant être sauvegardé, la liberté ne doit pas remettre en cause l'égalité et la fraternité, et ainsi de suite...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque croyant a la liberté de croire en ce qu'il veut, d'exprimer et de pratiquer sa religion, cela est d'ailleurs garanti par de nombreux textes internationaux, et il en va de même pour le non-croyant qui a aussi le droit de l'exprimer. Vu sous cet angle, la laïcité implique la retenue dès lors que la cohésion sociale, la fraternité est en danger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dès lors, l'on pourrait se demander en quoi le port du voile par des jeunes filles musulmanes remettrait en cause la cohésion sociale. Il est intéressant de noter que l'esprit du rapport Stasi était bien différent de celui de la loi. Le rapport recommandait l'interdiction parmi de nombreuses autres mesures recommandant l'entrée du fait religieux dans l'espace public. L'esprit était de considérer, ce qui est bien le cas, qu'aujourd'hui, la cohésion sociale est en danger du fait du caractère souvent provoquant du voile et du manque d'éducation de la société au fait religieux et à la manière de le gérer. Le rapport préconisait donc l'enseignement du fait religieux à l'école et l'université notamment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette entrée n'est en aucun cas synonyme de perte de neutralité, mais au contraire, la restaurerait dans la mesure où aujourd'hui c'est de fait l'athéisme qui a pris le contrôle de l'espace public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tout est d'ailleurs synonyme de beaucoup d'hypocrisie. Il est interdit aux fonctionnaires, et notamment enseignants de porter des signes religieux, afin d'éviter l'endoctrinement des enfants, mais rien n'est fait contre des enseignants (heureusement pas majoritaires) qui expliquent que les religions sont &quot;n'importe quoi&quot;. Qu'ils le pensent est une chose, mais qu'ils le disent aux enfants est tout aussi inacceptable qu'un enseignant religieux qui parlerait de sa religion comme étant l'exemple à suivre. L'un comme l'autre mériteraient des sanctions disciplinaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En même temps, l'Etat est censé être neutre, mais les Présidents et Ministres se rendent à la Messe de minuit et autres célébrations d'autres rites religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Globalement, la société française a surtout besoin de se fixer des règles de transition afin de créer à nouveau la fraternité, la cohésion sociale, l'unité perdue, dans le respect des convictions religieuses ou athées de chacun. Ce respect implique de connaître les convictions les uns des autres pour ne plus en avoir peur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dès lors, chacun pourra s'exprimer, en public ou non, selon sa sensibilité, sans provoquer systématiquement une réaction épidermique de l'autre bord.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
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                <title>Comment se justifie(ait) la peine de mort?</title>
                <link>http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2006/10/09/25-ans-deja.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Criton)</author>
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                                <category>Fait religieux</category>
                                <category>France</category>
                                <category>Histoire</category>
                                <category>Les fondamentaux</category>
                                <category>Pénal</category>
                                <category>Société</category>
                                                <pubDate>Mon, 09 Oct 2006 17:15:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;A la lecture du talentueux récit de &lt;a href=&quot;http://maitre.eolas.free.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Maître Eolas,&lt;/a&gt; l'impression se dégage que c'était hier et l'on y assiste...impuissant! Attention, la lecture de ce &lt;a href=&quot;http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/10/09/442-ca-se-passait-comme-cela#tb&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;billet&lt;/a&gt; peu créer des émotions fortes, mais il en vaut la peine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La peine de mort, éternel débat d'une société majoritairement contre à l'époque de son abolition, et pour laquelle cela semble aujourd'hui une évidence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Laissons de côté tous les arguments d'efficacité, d'effet dissuasif de la peine de mort, ou encore les arguments humanistes, ou juridiques nous empêchant (assez peu) de la réintroduire si d'aventure un consensus devait se (re-)former un jour autour de cette idée. Sans oublier l'éternel débat autour de l'humanité (ou non) de la réclusion à perpétuité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Justice humaine est nécessairement faillible et une société civilisée ne peut vouloir faire peser sur l'un de ses membres le poids d'une erreur qu'elle ne pourra réparer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Historiquement, la peine de mort - qui se retrouve dans de nombreux textes religieux - a été utilisée dans des sociétés fondées sur un système de valeurs communes (pas nécessairement religieuses s'agissant des valeurs post-révolutionnaires). Des sociétés dont l'ensemble, ou à tout le moins la majorité de leurs membres partageaient un système de valeur, qui pouvait (peut encore dans des pays ayant maintenu cette peine) inclure un Etre suprême (quel que soit son nom) ou à défaut, l'idée d'un Idéal suprême. Dans ce contexte, la peine de mort était vue comme une punition par la société par l'un de ses membres de la transgression d'une injonction divine fondée par exemple sur le : &quot;Tu ne tueras point&quot; (injonction fondatrice reprise dans toutes les religions).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos sociétés d'Europe occidentale n'ont aujourd'hui plus de système de valeur commun, outre, ce que certains appellent le &quot;socle républicain&quot; et qui se limite à des valeurs telles que la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité (en France au moins) et surtout la tolérance. Mais au-delà de ces valeurs, il n'existe plus d'accord au sein du corps social autour de valeurs qui, par le passé, et pour certains encore aujourd'hui, justifieraient le recours à la peine de mort. Des idées telles que la récompense dans l'autre monde d'un innocent auquel l'on aurait injustement ôté la vie dans ce monde ne peuvent évidemment pas être prises en compte de nos jours.&lt;/p&gt; Le droit et la société s'influencent réciproquement. Le droit a pris la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Peine_de_mort_en_France#Vers_l.27abolition&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;société&lt;/a&gt; de court s'agissant de la peine de mort, la société s'est appropriée cette avancée incontestable dans le monde actuel qui ne saurait tolérer la peine de mort face à des fiascos judiciaires tel qu'Outreau.
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                <title>Peut-on abuser de la liberté d’expression ?</title>
                <link>http://delegeferenda.hautetfort.com/archive/2006/10/08/peut-on-abuser-de-la-liberte-d’expression.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (Criton)</author>
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                                <category>Droits de l'Homme</category>
                                <category>Fait religieux</category>
                                <category>Les fondamentaux</category>
                                <category>Société</category>
                                                <pubDate>Sat, 07 Oct 2006 14:05:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;La liberté d'expression doit être défendue et aujourd'hui plus que jamais...heureusement, la simple bêtise humaine n'est pas encore incriminable, sinon une certaine tribune publiée dans Le Figaro aurait pu en faire les frais. En revanche, la bêtise humaine consistant à réagir à de telles diatribes par la violence est incriminable, et cela est bien normal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette tribune fait l’objet de nombreuses réactions, &lt;a href=&quot;http://publiciste.blogspirit.com/archive/2006/10/05/affaire-redeker-ce-profs-que-les-islamistes-veulent-tuer.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;diverses&lt;/a&gt;, et parfois rédigée avec beaucoup de &lt;a href=&quot;http://dinersroom.free.fr/index.php?2006/09/29/222-philosophons-autour-d-un-verre-de-la-religion-et-de-la-liberte-d-expression&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;talent&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le reproche que l’on peut formuler au sujet du débat autour de cette publication, n'est pas la défense prise de la liberté d'expression mais bien la forme qu’elle prend, par la &lt;a href=&quot;http://hertoghe.typepad.com/carte_de_presse/2006/09/en_hommage_volt.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;simple publication sans débat&lt;/a&gt; (de la part de l'auteur), ou des analyses défendant (brillamment) la liberté d’expression &lt;a href=&quot;http://www.philippebilger.com/blog/2006/09/le_risquela_pai.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;sans entrer dans le fond du débat&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Néanmoins, deux questions se posent :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Qu’en est-il d’une forme d’auto-censure qui consisterait à ne pas publier de texte ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Et au nom de quel principe les défenseurs de la liberté d’expression refusent-ils d’entrer dans le fond du débat ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque qu’un opéra est déprogrammé en Allemagne par crainte de représailles, il s'agit d'un comportement indigne dans une démocratie, et d'une &quot;auto-censure&quot; (bien que ce terme n'ait pas beaucoup de sens) par laquelle la liberté d'expression est auto-limitée par peur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, s’il est décidé de ne pas publier des photos, un texte, une caricature peu importe la cible...au motif que cela pourrait heurter trop violemment en s'attaquant à ce qui est sacré pour un concitoyens, et que cette décision est prise par profond respect pour leurs convictions...est-ce la même chose ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous vivons en société et nous devons mutuellement le respect. A ce sujet, il est prêté à Jules Ferry des propos selon lesquels il aurait recommandé à ses instituteurs de réfléchir, avant de prendre une position devant leur classe, au fait de savoir si leur propos risquait de blesser ne serait-ce que le père de l'un des élèves. Dans l'affirmative, l'abstention était recommandée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La liberté d'expression, corrollaire de la liberté de pensée, c'est la liberté de dire ce que l'on veut, mais aussi la liberté de ne pas dire ce que l’on ne veut pas dire. Elle permet de dire beaucoup de choses, de critiquer, de débattre...mais permet-elle de blesser?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La publication de textes (comme dans ce cas) ou de caricatures, souvent par simple pétition de principe, pourrait-elle constituer un abus de la liberté d'expression ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toute liberté cesse là ou commence celle d’autrui. Dépasser cette limite, c’est en abuser. Existe-t’il un droit à ne pas être critiqué ? remis en cause ? blessé ? vexé ? Non, certes…il n’existe qu’un droit à ne pas être insulté, injurié, calomnié, et ces abus de la liberté d’expression peuvent être incriminé pénalement ou entraîner des conséquences civiles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dès lors que les propos incriminés ne dépassent pas cette limite (il appartiendra aux tribunaux d’en décider le cas échéant) ils ne sont pas constitutifs d’un abus de la liberté d’expression.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n’est pas possible aujourd’hui d’incriminer ce que l’on qualifierait d’une « atteinte au sacré » tant la notion de sacré n’est pas définissable puisqu’elle implique une unité de système de valeurs fondant la société.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, s’il ne peut s’agir d’un abus légal, moralement, il appartient au corps social de s'opposer à des prises de position inacceptables comme celles que M. Redecker, tout comme il appartient au même corps social de lui assurer la protection dont il bénéficie aujourd'hui. Nous avons fait un pas, faisons le prochain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s’agit aucunement de « tirer sur l’ambulance », qui serait d’ailleurs dans ce cas l’Etat assurant la protection. Cette protection est la moindre des choses à accorder.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s’agit plutôt, face à de tels écrits, d’élever le débat, ce à quoi la communauté musulmane, qui majoritairement n'a rien à voir avec ce qui est décrit, gagnerait au lieu de se laisser aller dans la condamnation sans entrer dans le débat. A ce sujet, la presse algérienne, semble évoluer un peu en recommandant à tout le moins l’&lt;a href=&quot;http://www.lequotidien-oran.com/archives/quot3583/editorial.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;indifférence&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la société réagissait de manière mature, M. Redecker n’aurait pas besoin de protection, et en lieu et place des tribunes appellant à sa protection, l’on devrait trouver plus de tribunes démontrant le ridicule des positions défendues comme celle de Jean Baubérot dans Le Monde daté du 6 octobre 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques éléments de réflexion au sujet du texte incriminé qui n'a rien d'une invitation au débat, même s'il est intolérable qu'il déclenche de telles réactions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; &quot;La liberté de pensée et de s'exprimer n'existe dans aucun pays musulman&quot;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combien de temps a-t'il fallut à la France pour la conquérir cette liberté? Formellement en 1789! Et en pratique? Alors gardons-nous de donner des leçons, et aidons plutôt d'autres pays à l'acquérir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; &quot;L'Islam essaye d'imposer à l'Europe ses règles&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Amalgame entre islamisme et Islam. Je n'ai jamais entendu le CFCM demander tout cela. Partiellement peut-être, notamment pour la nourriture. A ce sujet, pourquoi toutes les cantines des écoles de la République servent du poisson le vendredi déjà?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; &quot;L'interdiction du string à Paris-Plage&quot;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Outre le fait que des brigades de la vertu seraient (si elles existaient) une véritable menace à l'ordre public, vous êtes vous déjà rendu à Cabourg? En quittant la plage pour la ville, vous y verrez un grand panneau disant en substance : &quot;Ici c'est la plage, là-bas la ville...donc je m'habille&quot;...a mon avis, c'est à cause de la menace islamiste qui pèse sur Cabourg...ou était-ce Kaboul?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce genre de propos sont indignes de la part d’un intellectuel et appartenant au même peuple auquel les Tour opérator organisant des voyages en Tunisie ou autres pays musulmans, lieux de villégiature, doivent préciser que le pays de destination est musulman et que un minimum de décence vestimentaire par respect pour la culture du pays de destination est nécessaire. Nous donnons des leçons, et ne faisons pas mieux à l'étranger.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; &quot;L'Islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'Homme&quot;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Même cause, mêmes effets, encore un raccourci entre Islam et islamisme...c'est par ce genre de propos que nous risquons de faire basculer la majorité des musulmans (nous en sommes encore loin) dans le second. Et que font les européen(nes) en se promenant de manière dénudée ou en bikinis dans les bazars de leurs lieux de villégiature ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; Parallèle Islam-communisme&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Même cause...mêmes effets, encore une fois...il manque un &quot;isme&quot; à Islam...mais c'est probablement une faute de frappe...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; &quot;l'Islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dire cela d'une religion dont l'un des piliers est la charité obligatoire...d'une religion qui a créé les plus grands penseurs et poètes arabes, et qui (à l'époque) a donné un statut à la femme qui n’avait avant que le statut d'objet, est la preuve d'une ignorance qui devrait interdire toute prise de position sur un tel sujet.Il est certain que beaucoup de choses sont dépassées aujourd'hui...surtout s'agissant du statut des femmes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; La référence à Universalis&lt;br /&gt; Dans le doute, une référence prestigieuse...mais une vérité tronquée...la guerre, le Djihad, existe en deux formes, interne (le croyant avec lui-même) et externe (contre les impies). La seconde, ne pouvait être menée que par le Prophète, et toute personne souhaitant la mener aujourd'hui viole les textes sacrés de l'Islam. Les plus grandes preuves d'amour et de douceur des chrétiens sont certainement les croisades.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; L'Eglise catholique aurait fait repentance de ses dérives, et le texte fondateur jouerait le rôle de garde-fou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si tel n'était pas le cas de l'Islam, tous les musulmans devraient êtres islamistes fous. S'agissant de la repentance, quid de 39-45...par un Pape allemand ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;gt; La religion et la violence...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On dit souvent que l'histoire est marquée par des cycles...calculez à quel moment est intervenue l'Inquisition à partir de la création de la Chrétienté...et maintenant, à quel moment nous nous trouvons à partir de la création de l'Islam...saisissant non? Bien que cela ne justifie rien...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, loin d'être exhaustifs, ces commentaires (en gros un par paragraphe du texte) montrent à quel point ce texte n'avait absolument pas pour but de créer un débat...mais de provoquer pour le besoin de provoquer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Créer un débat, implique des prises de positions justifiées, fondées, prenant en compte la contradiction ce qui n'est pas le cas de cette tribune.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La réaction des extrémistes est aussi pathétique que le comportement de l'auteur en publiant ce texte en l'état.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La liberté d'expression doit être protégée...mais à nous de compenser les exagérations, les erreurs (volontaires ?), de protéger, au besoin par les moyens étatiques, la liberté d'expression et de condamner, au besoin pénalement, les personnes se permettant de proférer des menaces de mort sur le territoire français.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’on prête à Albert Einstein les propos suivants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« L’univers et la bêtise humaine sont infinie. Pour l’univers, je n’en suis pas sûr ! »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La bêtise humaine consistant à écrire de telles aberrations ne peut pas être incriminée, en revanche la bêtise humaine consistant à menacer la vie de l’auteur de ces aberrations doit l'être...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la différence (et elle est de taille) entre ce texte, et les réactions causées...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Complément en date du 10 octobre 2006 :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici un nouveau &lt;a href=&quot;http://www.irenedelse.net/irene_delse/2006/10/nadjah_redeker_.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;billet&lt;/a&gt; en date d'aujourd'hui publié par Irène Delse et qui approuve aussi l'idée de ne pas approuver sans plus de réflexion les propos de M. Redecker.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Par ailleurs, le Sénat publie un &lt;a href=&quot;http://www.senat.fr/rap/r05-479/r05-479.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;rapport&lt;/a&gt; traitant de la Liberté d'expression et du respect des croyances religieuses.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques extraits choisis des propos introductifs à l'audition parlementaire par M. Legendre :&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;En face de toutes ses horreurs récentes connues, il faut rappeler que la liberté d'expression n’est pas négociable et que c’est une volonté commune à toute l’Europe. Mais la liberté, non négociable, n’a jamais été synonyme de droit à blesser les autres dans leur foi, à calomnier leur croyance. &amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Et la liberté, quand elle se veut humaniste et respectueuse, doit comprendre que pour un croyant la foi est un absolu et que l’on peut ressentir une véritable souffrance quand cet absolu est nié ou caricaturé. Chacun alors doit faire un pas vers l’autre. On doit accepter que ce auquel on croit soit parfois nié, moqué. On doit éviter de blesser gratuitement un croyant dans sa foi.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt;
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